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Archive pour septembre 2012

Mariloup Wolfe adore son rôle de « pas fine »

dimanche 30 septembre 2012

Journal de Québec

YVES LECLERC

UNITÉ 9.

Son rôle d’Agathe Boisbriand suscite des commentaires et des réactions depuis les débuts de cette série sur les ondes de Radio-Canada. Rien de bien, bien méchant par contre.

« On me dit : “T’es ben pas fine!” J’adore me faire dire ça et j’ai un malin plaisir à jouer la chiante », a-t-elle lancé lors d’un entretien téléphonique.

La comédienne de 34 ans a toujours, dans les rôles qu’elle a joués, reçu l’approbation du public depuis le début de sa carrière.

« J’étais un peu sceptique au départ, car on ne m’appelle pas habituellement pour ce genre de rôle. Je trouvais que ce rôle semblait destiné à quelqu’un d’un peu plus vieille. Nous avons vérifié avec les gens de la production et ils voulaient quelqu’un de plus jeune. J’ai passé l’audition et j’ai obtenu le rôle », a-t-elle mentionné.

Mariloup Wolfe a rencontré une agente d’un centre correctionnel féminin pour préparer son rôle. Elle et Salomé Corbo, qui joue le rôle de sa collègue Caroline Laplante, sont supervisées sur le plateau de tournage en ce qui a trait à la manipulation des outils de travail, comme le poivre de Cayenne, les menottes, pour les scènes à caractère physique, sur la façon d’intervenir et sur les tons de voix utilisés pour que cela soit le plus proche possible de la réalité.

Le costume

La comédienne et mère de deux jeunes enfants croit que le costume ajoute beaucoup à la sévérité du personnage.

« Tu mets le costume et il y a une espèce d’austérité et d’autorité qui vient avec l’habillement. J’ai choisi de jouer de façon dépouillée, épurée et neutre. On est assez bête en général lorsque l’on se met au neutre. Je me suis aussi amusée avec ça. C’était l’fun de donner des ordres et de dire quoi faire aux autres. Ce n’était pas si compliqué que ça. J’ai un air bête que vous ne connaissez pas dans ma vie de tous les jours », a-t-elle fait savoir.

Guillaume Lemay-Thivierge, son compagnon de vie, lui a même dit à la blague qu’il ne s’agissait pas d’un très grand rôle de composition. « Ha, ha, ha, il est très drôle », a-t-elle dit en rigolant.

Départ fulgurant

Unité 9 a connu un départ fulgurant, avec un auditoire moyen par minute de 1 491 000 téléspectateurs lors de la première, diffusée le 11 septembre.

L’auteure Danielle Trottier, qui a travaillé durant cinq années sur l’écriture de ce téléroman, est contente du succès, qui se maintient après trois épisodes.

« Je suis contente de voir que les gens se sont attachés aussi rapidement aux personnages. C’est l’ingrédient numéro un », a-t-elle expliqué.

L’auteure, qui était derrière les téléromans Emma et La promesse, souhaitait lorsqu’elle a entrepris l’écriture d’Unité 9 aller dans une zone qu’elle ne connaissait pas.

« J’étais, comme tous les auteurs de télé, à la recherche d’un sujet porteur. Je suis partie de la situation : et si ça m’arrivait? J’ai ensuite constaté, après m’être laissée imprégner, que ce sujet m’offrait plusieurs opportunités d’histoires. Du téléroman, c’est 25 heures par année », a-t-elle fait remarquer.

Univers différent

Un des défis de ce nouveau téléroman était de voir si les téléspectateurs seraient intéressés à pénétrer avec Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay) à l’intérieur du centre de détention de Lietteville pour découvrir un univers rarement fréquenté dans le monde des séries télévisées québécoises.

« C’est une microsociété. Il y a dans le monde carcéral féminin une certaine compassion entre les agentes de détention et les détenues qu’on ne retrouve pas dans l’univers masculin. Il y a peu de femmes incarcérées et il y a des liens qui se tissent. C’est la loi du nombre qui permet ça », a mentionné Danielle Trottier.

Une rentrée à tout casser!

lundi 10 septembre 2012

Magazine Châtelaine

Salomé Corbo, François Papineau et Mariloup Wolfe nous disent…

… pourquoi regarder la série Unité 9. Mariloup Wolfe : « Unité 9 se déroule dans une prison pour femmes où il n’y a ni barreaux ni cellules fermées. » François Papineau : « L’auteure Danielle Trottier s’est inspirée de celle de Joliette. » Salomé Corbo : « Le milieu carcéral féminin a été peu exploité au cinéma et à la télévision. » M.W. : « L’auteure a créé des personnages colorés et leurs histoires sont touchantes. Salomé et moi jouons des gardiennes de prison et François, le directeur. » F.P. : « Il est rigide et a des idées arrêtées sur la réinsertion sociale. » M.W. : « Agathe est une fille qui a de l’ambition. Elle ne correspond pas à l’image que son patron se fait d’une intervenante de première ligne. » S.C. : « Caroline, au contraire, s’entend à merveille avec le directeur. Le métier de gardienne de prison, c’est plus que fermer des portes à clé. C’est aussi soutenir des gens qui voudraient se réhabiliter et en inviter d’autres à le faire. »

Unité 9, le mardi à 20 h, dès le 11 septembre à Radio-Canada.

Unité 9: un série qui garde les spectateurs captifs

lundi 10 septembre 2012
RICHARD THERRIEN
Le Soleil

(Québec) Mon flair ne m’avait pas trompé : Unité 9 est assurément ce que j’ai vu de mieux parmi les nouveautés de l’automne jusqu’à maintenant. Une oeuvre puissante, chargée d’émotion, qui n’a rien à voir avec La promesse, le précédent téléroman de Danielle Trottier.

Unité 9, qui prendra son envol mardi à 20h à Radio-Canada, commence alors que Marie Lamontagne reçoit sa sentence au palais de justice : elle écopera de sept ans de prison. Son initiation à la vie carcérale sera brutale : la scène de l’humiliante fouille à nu qui démarre le second épisode est troublante.

Pourquoi Marie se retrouve-t-elle en prison? Pour avoir attaqué son père, dans le coma depuis l’agression. Bien entendu, on ne sait pas tout de ce qui s’est passé, l’auteure se garde bien de tout dévoiler dès le départ. Marie sera envoyée au pénitencier pour femmes de Lietteville et logée à l’unité 9 avec d’autres prisonnières, toutes aussi différentes que les raisons de leur détention.

Unité 9 compte sur des actrices au sommet de leur art : Guylaine Tremblay, qu’on a peu vue à la télé dans des rôles aussi dramatiques, arrache les larmes dans le rôle principal. Celles qui l’entourent n’ont rien à lui envier. Céline Bonnier excelle dans le rôle de Suzanne, une détenue aux limites de la schizophrénie que les autres surnomment «Mme Pilules». Micheline Lanctôt est parfaite dans celui d’Élise, l’aînée des prisonnières qui sera bientôt admissible à une libération conditionnelle, la maman du groupe.

Pas des anges

Même si on s’y attache très vite, ces femmes qui ont toutes un lourd passé ne sont pas des anges. Jeanne, jouée par Ève Landry, qu’on a peu vue à la télévision, est celle qu’on aimera détester. Elle fera tout pour rendre la vie de Marie Lamontagne impossible afin qu’elle quitte l’unité 9, pour mieux favoriser Shandy Galarneau, la plus sulfureuse d’entre toutes. Extraordinaire dans ce rôle, Suzanne Clément fait complètement oublier Sophie Paquin. Sa Shandy est vulgaire, se fout de tout, et lance les répliques les plus savoureuses, qui allègent l’atmosphère souvent sombre des intrigues. Certaines sont salées, mais jamais inutiles, et nécessiteront un avertissement de langage vulgaire en début d’émission.

On observera les rapports tordus qu’entretiennent les détenues avec les gardiennes de prison, jouées par Salomé Corbo et Mariloup Wolfe, surprenantes toutes les deux. François Papineau incarne le nouveau directeur de l’établissement, qui souhaite resserrer les règlements, au grand dam de l’aumônier des lieux, joué par Paul Doucet.

Une partie de l’intrigue concerne la famille de Marie à l’extérieur de la prison, qui doit vivre avec les conséquences de son incarcération. Alors que sa fille (Frédérique Dufort) trouve injuste qu’on ait mis sa mère en prison, son fils, lui, décide de renier sa mère tant il lui en veut. Ce dernier rôle est joué par le fils de Michel Barrette, Olivier. Émilie Bibeau joue quant à elle la soeur de Marie.

À la réalisation, Jean-Philippe Duval, qui nous avait donné le film Dédé à travers les brumes, accomplit un travail remarquable. Unité 9 est un téléroman, mais on croirait voir une série tant la facture visuelle est impeccable et comparable à d’autres séries comme Trauma ou Toute la vérité. À 375 000 $ l’épisode, on peut parler de petit miracle, nous dit la productrice Fabienne Larouche. Programmez votre enregistreur, Unité 9 devrait vous scotcher à votre divan jusqu’au printemps.

Unité 9, un 9 sur 10

lundi 10 septembre 2012
HUGO DUMAS
La Presse

Réglons le cas tout de suite: Unité 9, c’est vraiment bon. Excellent même. Si les 23 autres épisodes du nouveau téléroman de Radio-Canada demeurent au niveau élevé des deux que j’ai vus hier matin, prière de ne pas me déranger les mardis à 20h. J’entre en prison avec Guylaine Tremblay et j’y reste. De façon tout à fait volontaire.

Unité 9 porte le titre poussiéreux de téléroman, mais cette étiquette des années 80 ne colle vraiment pas aux images léchées et à l’esthétisme de télésérie à gros budget qui défileront dans vos téléviseurs à partir du 11 septembre. Le jeu de toutes les comédiennes, sans exception, est d’une intensité et d’une justesse à couper le souffle.

Le téléspectateur pénètre dans la prison de Lietteville – l’équivalent fictif de l’établissement de Joliette – par le personnage incarné par Guylaine Trembay. Cette femme s’appelle Marie Lamontagne, est mère de deux grands enfants et vient d’être condamnée à sept ans de pénitencier pour avoir tenté de tuer son propre père. C’est à ce moment que la vie «normale» de Marie bascule. La scène de la fouille à nu vous brisera le coeur: toute l’humiliation et la peur de Marie se lisent dans le visage tordu et crispé de Guylaine Tremblay, criante de vérité. Comme téléspectateur, on s’identifie rapidement à cette femme fière et de bonne famille, dont le chemin de vie ne devait pas du tout la mener vers les cellules.

Rapidement, Marie se trouvera une alliée en Shandy, prisonnière de carrière et prostituée récidiviste, que joue Suzanne Clément avec un mélange parfait de dureté et de désinvolture. Mettons qu’on est loin de sa Sophie Paquin très BCBG. Shandy est sexy, arbore un tatouage au-dessus du sein gauche et sacre abondamment. On la sent aussi profondément triste et vulnérable, malgré un côté plus clown. Chose certaine, elle a le coeur à la bonne place.

Un beau personnage complexe que cette Shandy, comme à peu près toutes les détenues de la fameuse unité 9, où cohabitent six prisonnières poquées dont la doyenne Élise (excellente Micheline Lanctôt). Élise, c’est un peu la maman de toutes les autres. C’est elle qui guide et aide les nouvelles – comme Marie – à comprendre les codes complexes de la prison.

Céline Bonnier enfile les vêtements de Suzanne, alias Miss Pilules, une détenue discrète bourrée de tics nerveux, qui se comporte comme une gamine effrayée. Souvent, Suzanne apporte la touche humoristique qui dédramatise la vie en dedans. La plus dangereuse des filles, c’est Jeanne (Ève Landry), une grande mince tatouée aux cheveux rasés sur le côté. La fautrice de troubles, c’est Jeanne. Elle jappe fort et compliquera la vie à la tétanisée Marie d’une façon qui vous fera la détester copieusement. Retenez ce nom: Ève Landry. Une révélation.

Sarah-Jeanne Labrosse est Laurence, la benjamine (à rastas) de l’unité 9 dont le passé reste encore nébuleux. Finalement, Catherine Proulx-Lemay incarne Michèle la coquette, la détenue qui parle de cheveux, de maquillage et de beau linge.

Deux gardiennes viennent constamment déranger les colocs de l’unité 9. La première, Agathe (Mariloup Wolfe), est la plus cassante, la plus intransigeante. En apparence, du moins. Les filles la surnomment Barbie. L’autre, c’est Caroline (Salomé Corbo), alias ga-gars, parce qu’elle a une allure plus masculine. Caroline adopte une approche plus humaine avec les détenues. Mais est-elle nécessairement plus gentille?

Personnellement, je préfère – et de loin – les intrigues qui explosent à l’intérieur de la prison à celles qui se déploient à l’extérieur du milieu carcéral. Car la vie sans Marie Lamontagne se poursuit pour ses deux enfants et sa soeur Lucie (Émilie Bibeau).

À Lietteville, le nouveau directeur de la prison (François Papineau) veut serrer la vis aux filles. Il entrera en conflit avec l’aumônier (Paul Doucet), un homme doux et bon.

L’auteure Danielle Trottier (oubliez La promesse) a réussi à imaginer un univers riche, multidimensionnel et peuplé de personnages de femmes fortes, marquées par leurs destins tragiques. En espérant maintenant que la scénariste et ses deux acolytes (Geneviève Baril et Louise Danis) conserveront cette cadence et cette intensité sur une saison complète. Gros défi, mais pas impossible.